27.11.2009
Jumelles mais pas trop
A la faveur d'une interdiction d'accès à Facebook au boulot depuis aujourd'hui, je reprends ma souris et mon clavier pour blanchir ici quelques lignes, près d'un an et six mois après ma dernière note. S'il y avait un Gérard du blog le moins réactif, ce serait pour moi.
Mes jumelles ont 26 mois. Et moi j'ai pris quinze ans. La peau de mon ventre ne sera plus jamais comme avant, tendue et lisse. Les rides se sont méchamment creusées sur le front (thème d'une prochaine note). Mais je commence un peu à lever la tête du guidon. Et à respirer à nouveau. Comprendre : dormir, sortir, voir des amis (enfin ceux qui acceptent l'éventualité qu'on puisse débouler à 5 chez eux, un jour...)
J'adore mes filles. Les deux, je ne les vois pas vraiment comme des jumelles. Elles ne se ressemblent pas du tout, physiquement. N'ont pas le même gabarit, les mêmes cheveux (c'est important), et le même développement du langage. J'accepte maintenant cette idée (originelle en fait) qu'elles ne sont pas logées à la même enseigne. Comme s'il y avait une deuxième et une troisième. Pas une bis. Avantage : qui voudrait être une "bis" ? Inconvénient : qui voudrait être déclassé arbitrairement à la troisième place ?
Donc elles ne se ressemblent pas, mais ont forcément des comportements de jumelles, ce petit rapport de force qui j'espère ne nourrirat pas un quelconque ressentiment, plus tard. Au début, Rose avait nettement l'ascendant sur Valentine. Parce que plus costaude, elle se permettait de piétiner sa soeur, de lui piquer ses jouets. Aujourd'hui, Valentine reprend la main. Elle lui fait des coups vaches à tel point que Rose la fuit dès qu'elle se sait en posession d'un objet convoîté. Puis, dès que Valentine a mis le grappin dessus, Rose s'écrie juste "Tiitttttiiiii" avec fatalité.
Elles s'appellent "Tiiittttiii" l'une et l'autre. Parce que c'est plus facile à dire que Rose. Aussi parce que fusionnelles, quand même, un peu. Quand l'une se réveille avant l'autre, elle se rédecouvrent après avec délice : "Oh Tiiittttiii !" C'est cro mignon.
Autre truc de jumelles : "redarder caca". Quand j'en change une, l'autre se précipite pour venir contempler, bluffée, la déjection de l'autre. Quoi ? Si, c'est important d'écrire ça.
En fait, là je kiffe (si ça se conjugue, Claire) de raconter des choses légères et (in)signifiantes à la fois. Depuis le début de cette histoire, rien n'est simple, évident, coulant (quand on me connaît, on comprend aussi). J'ai été excitée par la nouvelle puis prise de court par la naissance et... bouleversée. Je n'avais pas admis, en fait, que j'en avais deux alors que j'en avais programmé une à la fois (oui, comme tout le monde).
Alors je suis allée voir des psys avec mes filles pour accepter cette situation. Avec leur papa, on s'était chacun spécialisé sur un bébé et puis, peu à peu, on a interverti. J'ai réfléchi, beaucoup réfléchi, à ce que je projetais, à ce qui se jouait. Et puis on a enfin déménagé de notre trois pièces, chacun avait désormais sa place. Valentine a été opérée des végétations et a enfin pu connaître une santé normale.
Les choses sont peu à peu rentrées dans l'ordre. Parfois, elles me paraissent simples. C'est le cas en ce moment.
12:24 Publié dans vécu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jumelles, jumeaux, différents, bébés, maman, papa, prématuré, végétations, psy, relations jumeaux
02.06.2008
Le coup des jumelles
Alors, voilà. Elles sont nées. C'était il y a huit mois. Elles n'étaient pas finies ou presque : 1, 03 kg et 1,770 kg. Je n'étais pas prête ou presque. Passons l'angoisse de la néonatologie, "détresse respiratoire", "cathé C", "sonde gastrique", passons ce drôle d'accouchement sans cotillons, ni fronfrons, sans visites à l'hôpital ni félicitations, passons sur cette naissance psychologique à retardement. 1) Sortie de la première jumelle 2) Sortie de la deuxième 3) Surmonter la fatigue, le stress des tâches sans fin du quotidien pour enfin réaliser que, maintenant, on est cinq à la maison.
Passons, on a dit.
Maintenant, elles ne régurgitent plus, se tiennent assises, rient plus, pleurent moins. L'une dit "dada". Dort peu. Pas la nuit entière. L'autre fait sa nuit.
Pas encore remis physiquement, il faut reprendre le travail, passer à autre chose, on enchaîne, on enchaîne. Alors me voilà, face à mon ordinateur dans mon boulot "peinard", avec, enfin, le temps d'écrire cette note.
Et un pas de plus vers la prise de conscience que, maintenant, on est cinq à la maison. Que j'avais une fille unique de trois ans sage comme une image, du temps pour m'ennuyer, divaguer, "créer" un blog. Rien de d'extra exaltant mais du temps, de l'énergie, un peu de laisser aller.
Maintenant, d'un coup (mais "d'un coup" qui dure), on est cinq. Deux d'un coup + trois = cinq. Difficile de réaliser, de se féliciter, de savourer, de s'enthousiasmer. J'accuse encore le coup.
17:02 Publié dans vécu | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : jumeaux, famille, bébés, prématurité
22.06.2007
J'attends des jumeaux (suite du dernier épisode et ça va durer neuf mois comme ça)
Réunion de parents de jumeaux : fait.
On était six, à des stades plus ou moins avancés. Plus ou moins sereins. Plus ou moins prêts. Mais tous contents, en fait. Contents de vivre cette expérience incroyable, comme privilégiés. Loin de l'image de bête curieuse renvoyée par les gens-de-l'extérieur-qui-peuvent-pas-comprendre. Pas béats pour autant, on sait que cela va être difficile. Mais confiants.
La prochaine fois, on ira au pique-nique.
Vacances : c'est niqué.
Il ressort qu'on ne badine pas avec une grossesse géméllaire, passé le cap des 5 mois. Donc les vacances, ben, pas trop loin, pas trop longtemps et pis, quoi, "le jeu en vaut la chandelle". Certes.
Voiture : pas fait.
On profite encore un peu de la twingo, comme d'un dernier bastion.
Appartement : pas fait.
Quoi, si c'est jouable dans un 3P. A la réu, eh ben, y avait deux couples comme nous, dans un 3P.
Prénoms : à moitié fait.
On en tient un sur deux, c'est déjà ça. Heureusement qu'on sait les sexes sinon il faudrait en trouver quatre. T'imagines ?
Démarches administratives : en cours.
Reçu ce matin de la CAF : "Madame, vous attendez un bébé (sic). Nous étudierons vos droits pour le versement d'une prime au 7e mois de votre grossesse".
Au fait, je les sens bouger. Au dernières nouvelles, elles étaient tête-bêche.... "trop mignon", a lâché la gynéco qui en a pourtant vu dautres...
12:40 Publié dans vécu | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note










